1. Les opacités cornéennes
La cornée est un tissus normalement transparent. La perte de cette transparence peut être due à un traumatisme (plaie, opération, brûlure, ulcère, infection..) ou un vieillissement. Les cellules de la face antérieure et postérieure de la cornée pompent en permanence l’eau dans l’épaisseur de la cornée, pour l’évacuer dans ou à l’extérieur de l’œil. Le vieillissement de ces cellules ou leur disparition aboutit progressivement à la formation d’un oedeme. Cette affection est appelée décompensation oedemateuse de la cornée.
Seule la greffe d’une cornée provenant d’un donneur permettra de traiter ces maladies. Elle peut être superficielle (lamellaire) si l’opacité est superficielle, ou totale (transfixiante) si l’opacité est profonde.
Les différentes étapes d'une gréffe de la cornée
2. Le kératocône
Il s’agit d’une déformation conique de la cornée, responsable d’un astigmatisme et d’une myopie. Cette maladie touche le plus souvent le sujet d’une vingtaine d’années. Elle est souvent bilatérale. Le traitement consiste à adapter une lentille dure, ou à opérer en introduisant dans l'épaisseur de la cornée des anneaux cornéens qui auront tendance à réduire le kératocône.
Cornée normale
Déformation conique de la cornée
Topographie d'un Kératocône : la zone rouge correspond à la partie bombée du Kératocône
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En cas d’échec, seule la greffe de cornée permettra de traiter cette affection.
Les différentes étapes d'une gréffe de la cornée
3. Sécheresse de l'oeil
La cornée est hydratée et lubrifiée en permanence par les larmes. Elles sont sécrétées par les glandes lacrymales situées dans les paupières, et sont évacuées dans le nez par des petits canaux: les voies lacrymales. Ce circuit est totalement indépendant du circuit de l'humeur aqueuse situé à l'intérieur de l'oeil. ( Humeur aqueuse )
Avec l'âge, après chirurgie cornéenne ou dans certaines affections, la sécrétion diminue pendant une durée variable. Une gène, des picotements ou des brûlures peuvent en résulter. La sécheresse lacrymale n'empêche cependant pas de pleurer, et il arrive même que se produise un larmoiement réflexe.
Seuls des collyres hydratants et de la pommade vitaminée permettent de réduire les symptômes. Dans certains cas, des petits bouchons peuvent être placés à l'origine des voies lacrymales pour limiter l'écoulement des larmes dans le nez.
Les maladies de la rétine
La rétine est formée de plusieurs couches de cellules nerveuses qui sont sensibles à la lumière et transmettent les informations au cerveau par les fibres nerveuses qui cheminent par le nerf optique et les voies optiques. Elle est collée à l'intérieur de l'œil contre la paroi sclérale, au contact de l’épithélium pigmentaire et la choroïde, nécessaires à la survie des cellules rétiniennes.
I- Le décollement de la rétine
Le décollement de rétine (DR) est la perte de contact entre la rétine et l’épithélium pigmentaire et la choroïde. C’est une affection rare mais grave qui amène à la perte de la vision en l'absence de traitement. Le décollement est dû aux tractions du gel vitréen sur le tissu rétinien avec apparition d'une déchirure rétinienne. Progressivement, le tissu se décolle à partir de la déchirure avec soulèvement de la rétine. Si le décollement s’étend jusqu’à la macula, l’œil ne peut plus voir. Aussi, il est essentiel d’éviter que la rétine ne se décolle en renforçant l’accolement rétinien grâce au laser argon.
Le " barrage " laser consiste à entourer les lésions qui risquent de favoriser le décollement de rétine. Les lésions peuvent être du givre dense, des palissades, des trous…
Barrage laser autour des lésions de la rétine
Barrage laser autour des lésions de la rétine ( image agrandie )
Si la rétine se décolle, il est très urgent de la ré appliquer au plus vite non plus au laser mais par une opération.
Si le DR peut survenir en l'absence de facteur favorisant connu, il sont plus fréquents chez le
myope (les myopes ont souvent une rétine plus fine et plus fragile), après un traumatisme oculaire et lors de certaines affections oculaires intéressant la partie postérieure de l'œil. Une surveillance étroite s’impose dans ces cas.
II- La DMLA Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age
La macula est une zone rétinienne centrale d'environ ½ mm de diamètre. elle est dépourvue de vaisseaux sanguins afin d'optimiser notre vision.
Macula
D.M.L.A
Tour Eiffel vue par un sujet atteint de DMLA
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Située dans l’axe visuel, elle assure la vision centrale, permet de lire, de reconnaître les visages, de regarder la télévision et surtout de discerner les couleurs.
La DMLA est la perte progressive des cellules visuelles maculaires. Première cause de mauvaise vision en France et dans les pays industrialisés chez les personnes de plus de 50 ans, elle n'atteint que la macula. Aussi, elle ne peut être responsable de cécité complète.
Sa fréquence est fonction de l'âge :
· 1 % des personnes entre 50 et 55 ans
· 10-12 % des personnes entre 55-65 ans
· 15-20 % des personnes de 65 -75 ans - 25-30% des personnes de plus de 75- 80 ans
En France, 1 million de personnes présentent une gêne visuelle modérée et près de 100 000 d'entres elles risquent de présenter une atteinte sévère de la vision (uni ou bilatérale).Le nombre de nouveaux cas serait de l'ordre de 3 000 par an.
Les facteurs de risques sont mal précisés et controversés. Citons le tabagisme, l’hypertension artérielle, l’ hypercholestérolémie, l’exposition prolongée à la lumière et aux ultraviolets.
Les premiers symptômes qui doivent vous alerter sont un besoin accru de lumière lors de la lecture, la déformation des lignes droites et des lettres ( métamorphopsie ). A un stade plus évolué, on observe une nette baisse de la vue due à un déficit central (tâche noire au centre du champ de vision).
Les formes de DMLA
Il existe deux formes de DMLA :
La DMLA sèche ou atrophique qui se caractérise par une formation de petites tâches ou " drusen " sous la rétine ( entre l'épithélium pigmentaire rétinien et la membrane de Bruch ) et une atrophie de l'épithélium pigmentaire rétinien. Elle représente 80 à 90 % des cas. Il n’existe pas de traitement au laser de ce type de DMLA.
La DMLA sèche ou atrophique
La DMLA humide ou exsudative se caractérise par la présence de vaisseaux sanguins anormaux ou néovaisseaux . Ces vaisseaux sont fragiles, peuvent saigner, présenter des fuites, se développer et détruire progressivement la macula. Leur mise en évidence nécessite le plus souvent une angiographie qui les visualise précisément. L’angiographie en fluorescéine montre les fuites de fluides et les néovaisseaux rétiniens et l’angiographie en vert d’indocyanine montre les néovaisseaux choroïdiens et occultes. L’angiographie consiste à injecter du colorant dans les veines afin de mieux observer les vaisseaux sanguins rétiniens et choroïdiens et photographier la rétine après des délais variables . L’ examen est réalisé en ambulatoire (pas d'hospitalisation). Il faut dilater les pupilles au préalable et vous ne pourrez conduire pendant les deux heures qui suivent. Certains effets secondaires sans gravité sont possibles: peau et urine colorés plusieurs heures après l'injection, nausées, malaise, allergies.
La destruction de ces néovaisseaux est urgente avant qu’ils ne progressent. Des photosensibilisateurs en cours d’évaluation seraient susceptibles d’améliorer les résultats La récidive des néovaisseaux est fréquente et une surveillance attentive s’impose.
Malheureusement, moins d'un quart des patients consultent à temps et parviennent ainsi à conserver une vision centrale pour la lecture. Pourtant, la vision de chacun de vos yeux peut être analysée par vous-même par rapport à celle de l'autre oeil en fermant alternativement l’un des deux yeux. Toute personne de plus de 50 ans devrait faire le test régulièrement. Une anomalie unilatérale doit la faire consulter au plus vite.